LE DOIGT A RESSAUT

Description de la pathologie

Le doigt à ressaut (ou doigt en gâchette) est une maladie des tendons du doigt qui entraîne des difficultés à étendre le doigt. Il s’agit d’une pathologie très fréquente, survenant souvent le matin au réveil, et qui se caractérise par un blocage douloureux au niveau de la paume lors des mouvements de flexion et d'extension d'un doigt.

 

Ce blocage cède brutalement (ressaut) sous l'effet d'une manœuvre d'extension forcée exercée en tirant avec l’autre main. Cette manœuvre est accompagnée de douleur et d’un bruit de "déclic" comme une gâchette. Généralement cette pathologie touche le pouce d’une seule main, mais il n’est pas rare qu’elle soit bilatérale, en impliquant simultanément les deux mains ou qu’elle se produise dans les autres doigts comme l’annulaire, le majeur ou le petit doigt.

 

Actuellement, il n’y a pas de cas de doigt à ressaut au pied. Plusieurs doigts ne sont pas forcément atteints au même moment. Parfois, la main peut devenir douloureuse. Cette maladie touche plus les femmes (surtout d'âge moyen) que les hommes mais elle peut se manifester de toute façon chez tous les sujets, enfants compris.

 

Le trouble du doigt à ressaut (qu’on appelle en médecine ténosynovite sténosante) survient lorsque le tendon fléchisseur des doigts (pouce ou médius) s’épaissit localement, formant un nodule (renflement qui peut être visible au niveau de la paume) dans la gaine synoviale qui l’entoure. Le coulissage du tendon devient alors difficile avec des douleurs au début puis des épisodes intermittents de blocages par accrochage du tendon dans la paume. La répétition des blocages va entraîner une inflammation du tendon qui va accentuer le frottement et auto-aggraver le syndrome. Le trouble peut être de différents niveaux (on en distingue 4) et peut passer de cas très légers à des cas très graves.

 

Il existe diverses causes pouvant être à l’origine de l’épaississement du tendons dont le surmenage articulaire, en particulier les microtraumatismes liés à la répétition d'un même geste, les rhumatismes, les coupures, ou une anomalie congénitale, le diabète étant un facteur de risque aggravant.

 

Le diagnostic repose essentiellement sur la clinique et les examens sont habituellement inutiles.Si le ressaut est peu douloureux et peu gênant, on peut simplement surveiller l'évolution. Le risque est de garder un défaut d'extension si l'on opère trop tard.

Traitement chirurgical du doigt à ressaut

Le traitement est indiqué en cas de gêne. Il peut être au début et dans un premier temps médical avec du repos (on peut immobiliser la main avec une orthèse poignet-pouce), des antalgiques, des infiltrations locales de corticoïdes en regard du nodule (limitées dans le temps car la cortisone peut fragiliser le tendon et entraîner sa rupture), de l'électrothérapie.

 

Le traitement chirurgical peut être proposé en première ou seconde intention.

L'opération est le plus souvent sous anesthésie locorégionale (anesthésie du bras) en « ambulatoire ». Elle consiste, en pratiquant une incision de 1 à 2 centimètres, à ouvrir la poulie du tendon fléchisseur, siège du blocage. Si l’inflammation de la gaine synoviale est importante, on peut être amené à retirer cette gaine (« synovectomie »).

 

Il s’agit d’une opération rapide, non douloureuse, habituellement radicale et définitive sur le doigt concerné. Des douleurs peuvent persister à l'appui sur la cicatrice pendant plusieurs semaines.

 

Après des soins infirmiers pendant une quinzaine de jours, une utilisation normale du doigt est recommandée. Le temps de convalescence est de 6 à 8 semaines.

Suites et complications éventuelles de la chirurgie du doigt à ressaut

Les complications sont rares. Une difficulté à étendre le doigt est possible et peut persister pendant plusieurs semaines, surtout si la maladie est ancienne. Ce problème touche surtout les doigts longs (tous les doigts sauf le pouce) et les doigts où le ressaut est présent depuis longtemps.

Il peut être nécessaire de porter une orthèse pour redresser le doigt et de faire quelques séances de rééducation. Outre les risques d’infection (inhérents à toutes les opérations) qui se maîtrisent aisément, il existe une complication propre à la chirurgie de la main : l’algodystrophie. Cette complication rare se manifeste par une main gonflée, douloureuse, avec transpiration puis raideur. Elle dure souvent plusieurs mois, mais peut être réduite dans le temps par des traitements médicamenteux et de la rééducation.

 

La récidive est rare après le geste chirurgical. Elle peut être due l'apparition d'un nouveau nodule sur le tendon, située sous une autre poulie.

 

Une nouvelle technique, la décompression endoscopique, moins invasive et plus rapide permet également de soulager le doigt à ressaut. Elle consiste à introduire par deux minuscules trous une caméra et un instrument microscopiques permettant de sectionner le ligament responsable du blocage du doigt. L’intervention ne dure de quelques minutes et la convalescence 48 heures. Les résultats sont immédiats et définitifs.